CONCLUSIONS AND FUTURE PERSPECTIVES

In document Novel therapies in non-small cell lung cancer (Page 97-103)

CRITICAL REVIEWS IN ONCOGENESIS 2013 In Press

4. CONCLUSIONS AND FUTURE PERSPECTIVES

La présente thèse s‟est fixée l‟objectif d‟apprécier l‟impact des interventions incitatives en GRH dans les PME. Pour y parvenir nous avons à notre disposition trois formes historiques de raisonnement scientifique: le raisonnement déductif, le raisonnement inductif et le raisonnement abductif. Après les avoir présentés successivement et brièvement nous clarifierons notre choix.

17.1. Le raisonnement déductif

Le raisonnement déductif également appelé logico-déductif ou hypothético- déductif « consiste à poser une hypothèse, puis à collecter des données pour valider l‟hypothèse, enfin à en déduire logiquement le degré de validation de l‟hypothèse » (Savall et Zardet, 2004). Il s‟agit alors de tester, par le biais d‟hypothèses, une théorie ou de mettre à l‟épreuve des connaissances développées

préalablement, dans des situations particulières. A l‟issue de ce processus, une conclusion peut-être proposée par le chercheur, à la fois explicative et prédictive.

Dans l‟approche déductive, la conclusion est nécessairement vraie si les hypothèses initiales le sont. La déduction consiste donc à tirer une conséquence à partir d‟une règle générale. Cette forme de raisonnement sied mieux aux sciences monolithiques et semble être remise en cause dans les sciences sociales.

Les problématiques sociales et humaines ne se posent pas dans les mêmes termes que celles issues des sciences physiques ou chimiques. Les comportements humains se caractérisent davantage par leur imprévisibilité ou instabilité plutôt que par leur rationalité ou irréversibilité.

Dans notre recherche, nous ne partons pas d‟une théorie que nous testons sur un terrain; nous observons le terrain et ensuite nous émettons des hypothèses que nous confrontons de manière itérative avec la littérature et le terrain. Le raisonnement déductif n‟est donc pas adapté à notre recherche.

17.2. Le raisonnement inductif

« Le raisonnement inductif consiste à découvrir des régularités à partir de

l’observation de l‟objet, et à formuler des hypothèses à partir de l‟observation »

(Savall et Zardet, 2004: 65). Ces hypothèses sont exprimées sous forme de règles abstraites ou de principes d‟action, qui peuvent être pronostiquées pour expliquer et prédire de nouvelles expériences ou situations.

Cette démarche vise à construire des connaissances nouvelles à partir de l‟étude de situations empiriques. Il est recommandé de recourir à cette forme de raisonnement lorsqu‟on a un petit nombre de cas à étudier ou lorsqu‟on est confronté à un phénomène ou à une situation spécifique. Le risque d‟un tel processus est le raisonnement tautologique, comme le souligne Savall et Zardet (2004: 65): « je formule une hypothèse à partir de ce que j‟observe, puis je valide l‟hypothèse à partir de ce que j‟observe. L‟hypothèse est alors „„nécessairement‟‟ validée de sorte que ce raisonnement constitue un truisme! ».

De nombreux auteurs conseillent alors d‟utiliser de façon itérative déduction et induction, voire même de parcourir « une boucle récursive abduction- déduction-induction » pour dépasser l‟opposition classique entre raisonnement hypothético-déductif et inductif.

17.3. Le raisonnement abductif

La démarche abductive dépassant le clivage entre induction et déduction, consiste à progresser dans la recherche, en procédant par allers et retours entre la formulation des hypothèses et l‟observation du terrain. On adopte d‟abord des hypothèses plausibles qui sont susceptibles d‟être vérifiées ultérieurement.

Ce processus de raisonnement semble plus approprié aux pratiques de recherche intervention ou démarches s‟en rapprochant et surtout à la prise en compte de la complexité. Il s‟agit de méthodes « mixtes » reposant d‟une part sur l‟efficacité des outils dont dispose le chercheur et d‟autre part sur l‟exploration et la capacité à révéler l‟inattendu.

La notion de pratique abductive s‟inscrit dans le cadre épistémologique des travaux du philosophe Charles S. Pierce, et notamment sa théorie de l‟abduction48.

De nombreuses recherches rendent compte de cet héritage, en particulier en sémiologie, il n‟est pas question pour nous de nous référer aux écrits de Pierce que nous n‟avons pas approfondis, mais de comprendre à travers les travaux qui font référence à cette théorie en quoi l‟abduction est une démarche adaptée à notre recherche.

17.4. Le choix du raisonnement abductif pour notre recherche

« Pierce insiste sur le fait qu‟à l‟origine de l‟abduction, il y a la surprise ou l‟étonnement du sujet (…). Le point de départ de l‟abduction est un fait perçu comme surprenant, qui s‟inscrit donc contre des attentes, contre l‟habitude, ou contre ce qui était jusqu‟alors tenu pour acquis » (Catellin, 2004 : 181).

48Théorie qui n‟est pas nouvelle car déjà Aristote évoquait comme forme de raisonnement

C‟est cette dernière acception qui raisonne avec notre recherche. Ce qui est tenu pour acquis, c‟est l‟efficacité des interventions de conseil en général et plus particulièrement l‟efficacité des dispositifs institutionnalisés d‟incitation à la GRH dans les PME.

L‟hypothèse plausible que nous formulons au début de notre recherche est que les opérations d‟intervention en GRH dans les PME ne donnent pas les résultats escomptés, il y a un écart entre ce qui est prescrit et ce qui est réalisé. Cette hypothèse est née d‟indices, de symptômes que nous avons préalablement relevés lors d‟échanges avec des dirigeants de PME ou d‟observations in situ. Il faut observer pour avoir une idée :

« Se mettre en position d‟étonnement, prêter attention aux écarts et à l‟inattendu, changer d‟horizon ou se réorienter pour accueillir le donné de l‟expérience qui ne cadre pas avec nos attentes, sont des comportements qui caractérisent les pratiques abductives. La pertinence de l‟abduction est en quelque sorte de nous arracher aux évidences de notre horizon d‟attente » (Catellin, 2004 : 184).

L‟abduction est ainsi un processus d‟interprétation qui peut nous aider à construire des modèles et analyser des situations de gestion. La question se pose alors de définir un chemin, une méthode, des procédures qui garantissent la rigueur scientifique des éléments de connaissance élaborés. Pour David (1999 : 7), « plus précisément, il nous faut examiner deux processus: d‟une part le processus d‟élaboration des trois éléments de la boucle récursive (données, hypothèses, théorie) et, d‟autre part, une fois amorcée la boucle récursive abduction/déduction/induction, le processus de validation des hypothèses ».

En effet, la plupart des raisonnements scientifiques combinent les trois formes de raisonnement, il est donc nécessaire d‟utiliser de façon itérative déduction et induction et de parcourir la boucle récursive : abduction/déduction/induction pour ne pas s‟exposer à un certain nombre de risques, tels celui d‟hypothèses ou de théories validées simplement parce que plusieurs chercheurs auraient obtenu des résultats considérés sans vérification comme convergents. Cependant cette boucle n‟a pas nécessairement à être parcourue en totalité par chaque recherche (David, 1999).

Figure 4 : Représentation de la boucle récursive

abduction déduction induction

Source: David, 1999: 5

Figure 5 : Les logiques pour accéder au réel

Source: schéma adapté de Chalmers, in Thiétart 2000, p. 62

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